Détection Stade Rennais Guadeloupe : à quelques jours de l’arrivée du SRFC, Karaibes Sports a échangé avec Gémaël Bematol. « Je m’appelle Gémaël Bematol, j’ai 42 ans, je suis responsable de l’école de football du Stade Lamentinois et référent de la catégorie U13. » Éducateur au club depuis 21 ans, après y avoir été joueur, il est engagé dans l’accompagnement des jeunes et le travail de formation, avec une attention particulière portée aux valeurs et au plaisir de jouer, au cœur de cette semaine menée du 28 au 31 janvier 2026 avec Philippe Barraud et Cédric Vanoukia.
Ce rendez-vous de fin janvier n’a rien d’une opération “one shot”. Il s’inscrit dans une relation installée entre le Stade Lamentinois et le Stade Rennais. « Ce partenariat est d’abord né d’une rencontre entre des hommes », raconte Gémaël Bematol. À l’origine : un lien entre Cédric Vanoukia, éducateur au centre de formation du Stade Rennais et ancien Gwadaboys, et Mickaël Merabli, président du Stade Lamentinois.
Rennes souhaite alors s’implanter en Guadeloupe. Le club est convaincu par le potentiel du territoire, mais cherche aussi un point d’appui solide. « Le Stade Rennais recherchait un club support structuré et fiable », résume Bematol. Il faut ensuite convaincre Landry Chauvin, alors directeur du centre de formation, venu en Guadeloupe constater le sérieux du club et l’engagement des dirigeants.
Lancé pour une saison, le partenariat dure aujourd’hui depuis sept ans. Et il a déjà produit du concret : « Il a permis l’éclosion de deux talents guadeloupéens : Jeanuel Belocian et Lucas Rosier. » Une preuve, aux yeux du Stade Lamentinois, qu’une passerelle Antilles–Hexagone peut exister… à condition de s’inscrire dans la continuité.
La venue rennaise répond à une double logique : la fidélité à une relation construite au fil des années, et la conviction que le vivier guadeloupéen mérite un regard régulier. « Il y a bien sûr l’engagement lié au partenariat et la relation humaine construite au fil des années, mais aussi la qualité du vivier guadeloupéen », insiste Gémaël.
L’éclosion récente de Lucas Rosier au niveau professionnel conforte cette dynamique : preuve que le territoire produit, et que la détection peut déboucher sur un suivi. « Le Stade Rennais souhaite renforcer ce partenariat et continuer à observer le développement des jeunes du territoire, dans une logique de travail structuré et durable », explique le responsable de l’école de foot.
Ici, pas de discours d’affichage. Le cadre est posé : observer, échanger, comprendre l’environnement, et faire le lien entre les réalités locales et les exigences d’un club pro.
Le fil conducteur tient en une phrase : « L’observation dans sa globalité. » Concrètement, la semaine s’articule autour de plusieurs niveaux : des séances au club, des détections ciblées sur les U11, U12 et U13, et une présence également autour des dispositifs structurants du territoire : Centre de Perfectionnement, Pôle Espoirs, CERFA.
L’objectif est d’observer les profils dans différents contextes et de nourrir les échanges avec ceux qui font le football guadeloupéen au quotidien. « L’objectif est avant tout d’observer les meilleurs talents du territoire (…) et d’échanger avec les acteurs du football guadeloupéen autour de cette dynamique », résume Bematol.
La délégation rennaise annoncée est composée de Philippe Barraud, directeur du recrutement du centre de formation, et de Cédric Vanoukia, responsable des A.N.S. Deux profils complémentaires : expertise recrutement d’un côté, connaissance du territoire et rôle de passerelle de l’autre.
La tentation est grande de croire que tout se joue sur un geste ou un sprint. Mais le cadre annoncé par le Stade Lamentinois est plus large. « On attend avant tout que les jeunes expriment leur potentiel. L’attitude, la compréhension du jeu et l’envie seront parmi les critères principaux », explique Bematol.
Ces journées sont aussi une vitrine pour le travail local. « Ces détections permettent de mettre en valeur le travail réalisé en club par les éducateurs de Guadeloupe », insiste-t-il. Et le Stade Lamentinois veut le rappeler clairement : le territoire produit, même avec moins de moyens.
« On veut montrer l’organisation, bien sûr, mais surtout l’état d’esprit des jeunes et la qualité du travail des éducateurs. On veut montrer que, même avec moins de moyens, le vivier guadeloupéen est riche et capable de produire des profils de très bon niveau », martèle le responsable de l’école de foot.
C’est l’un des points les plus importants : tout est gratuit. « Oui, toutes les actions sont entièrement gratuites. L’objectif est de garantir à chaque jeune une chance équitable d’être observé par un club professionnel, sans aucune barrière financière. » Une manière de couper court à tout malentendu, et de rappeler que l’accès doit rester le plus juste possible.
L’organisation a été encadrée : les inscriptions se faisaient uniquement via les clubs, avec un maximum de cinq joueurs par catégorie. Deux pré-détections auront lieu : U12 le 22 janvier, puis U11 le 25 janvier. Les meilleurs profils seront retenus pour la détection finale U11–U12, prévue le 29 janvier au stade municipal du Lamentin en présence du Stade Rennais.
Pour les U13, le format sera différent : « Les clubs ont directement proposé leurs meilleurs profils pour une opposition en 10 contre 10 le vendredi 30 janvier. » Là encore, l’idée est d’observer des joueurs en situation de jeu, où la lecture, l’attitude et les choix pèsent autant que la technique.
Gémaël tient aussi à le souligner : tous les clubs de Guadeloupe ont été invités. Il remercie particulièrement ceux qui ont répondu présent : AJ Castel, AOG, AS Dynamo, AS Gosier, Club Sport, CSC, CSM, Étoile de Morne-à-l’Eau, FC Saint-François, Frégate, Gauloise, Granit, JTR, MJCA, Racing, Red Star, Sporting, SS, USBM.
Au-delà du terrain, une semaine comme celle-ci peut créer des attentes trop fortes, des projections, parfois des pressions inutiles. Gémaël Bematol veut au contraire poser un cadre sain, protecteur et fidèle à l’esprit du football guadeloupéen : « Faisons confiance au travail, restons patients, mettons l’intérêt des jeunes au centre et n’oublions jamais que le football doit rester un plaisir. »
Une phrase simple, mais structurante : la détection ne doit pas voler l’enfance des joueurs, elle doit la guider. Sans fausses promesses, mais avec une conviction assumée : le travail, la patience et un cadre solide peuvent ouvrir des portes — à condition que le plaisir reste au cœur du jeu.
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