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Z’ANTIYE FOOTBALL CLUB – L’entretien des réalisateurs (1/2)

Z’ANTIYE FOOTBALL CLUB – première partie de l’entretien

Sera diffusé ce dimanche 10 Juin 2018  sur la chaine France Ô à 20h30 heure de france, le documentaire inédit Z’ANTIYE FOOTBALL CLUB qui traite du football Guadeloupéen et Martiniquais. Nous avons tenu à rencontrer pour cet événement les réalisateurs.

Bonjour Jérémie (J) et Nicola (N), pouvez-vous, vous présenter aux internautes de Karaibes Sports ?

J : Je suis Jérémie Cuvillier, réalisateur de documentaires pour la télévision, principalement dans la musique, le spectacle vivant et maintenant le football ! J’aime raconter des histoires, faire parler les gens sur eux-même, parler de racines et de cultures, de déplacements et de rencontres.

N : Je suis Nicola Cuvelier, j’ai été journaliste puis auteur, tout d’abord de programmes courts et d’émissions d’humour, et depuis quelques années, de documentaires. J’ai écrit auparavant deux documentaires sportifs, l’un sur les arbitres et l’autre sur le cinéma et le football.

Quelle a été votre expérience et motivation pour réaliser ce documentaire axé spécifiquement sur le foot aux Antilles-Française? Aviez-vous des attaches sur les deux îles ?

J : Je n’ai pas d’attaches personnelles sur les îles. J’ai eu l’occasion au cours de mes différents projets de voyager dans les caraïbes, mais pour la première fois aux Antilles. Le football est un sport extrêmement populaire et particulièrement en Guadeloupe et Martinique. Néanmoins, le statut amateur du football antillais, tout en ayant un rayonnement international avec les équipes étrangères de la zone Amérique-Caraïbe, créée un paradoxe que nous avons voulu élucider : Quel statut donner aux sélections martiniquaises et guadeloupéennes ? Derrière cela, quels débouchés pour les joueurs qui ne souhaitent pas partir à l’autre bout du monde pour se réaliser ? Ce questionnement est le point de départ du projet.

N : Je suis un véritable mordu de football et notre producteur, François Aunay, aussi. Ce dernier a convaincu France Ô de lui commander un film sur le football martiniquais et guadeloupéen. Il m’en a parlé très tôt et j’ai tout de suite été emballé par ce projet. Il me semblait indispensable de rendre hommage à l’épopée du football antillais, une aventure qui à mon avis dépasse le cadre du sport. J’étais même surpris que personne ne l’ait fait auparavant. Je n’ai pas non plus d’attache particulière avec les Antilles mais j’ai toujours eu une affection particulière pour les joueurs originaires de Guadeloupe ou de Martinique, particulièrement Jocelyn Angloma durant ses années marseillaises et valenciennes.

source: Z'ANTIYE FOOTBALL CLUB

Comment êtes-vous arrivés à choisir le titre Z’ANTIYE FOOTBALL CLUB pour le documentaire ? Pourquoi ce titre était le sélectionné par rapport aux autres titres proposés.

J : C’est parti d’un jeu entre nous : on a voulu imaginer une sorte de grande équipe virtuelle composée de tous les joueurs antillais qui ont été un jour ou l’autre en équipe de France. Si on avait pu les réunir tous dans une même sélection, ça aurait pu s’appeler comme ça. Z’antiye, c’est la touche créole, et comme les Antilles c’est le mot commun pour désigner à la fois la Guadeloupe et la Martinique, on réconcilie tout le monde !

N : François Aunay, notre producteur nous a proposé ce titre dès la genèse du projet. On l’a tout de suite trouvé parfaitement adapté au film. Il n’y a jamais eu de concurrence interne d’un autre titre.

Hors doudouisme que pensez vous de la Guadeloupe et de la Martinique ?

J : Quand on vit en métropole, on ne se sent pas déconnecté avec l’esprit antillais, parce qu’on a des copains, des collègues qui viennent de Guadeloupe et de Martinique, donc les Antilles font partie de notre paysage français comme les bretons ou les Corses ou les Bourguignons. Il n’y a pas ce présupposé doudouisme. Après, une fois sur place, on a l’impression d’être à la fois dans un lieu familier, puisque c’est la France avec tous ses codes et ses repères, et en même temps on sent qu’on est à l’autre bout du monde. Que la polarité n’est pas la même. Du coup, il y a cette impression étrange à la fois de proximité et de distance, c’est assez inspirant. Les gens sont très prévenants, très accueillants. Il y a un enthousiasme qui ne dément pas la réputation qu’ont les Antillais de Métropole.

source: Z'ANTIYE FOOTBALL CLUB

Pourquoi avoir choisi de faire un documentaire sur le football des Antilles ?

J : L’envie de faire ce documentaire est née d’un double désir. D’une part, nous avions souhaité prolonger la thématique du documentaire précédent « le souffle du reggae » que Theorem a produit et qui parle de reggae bien sûr, mais plus profondément de voyage et de déplacement, de la manière dont les identités se façonnent dans les métissages et les échanges. Et puis le foot est un sport tellement populaire, les joueurs sont nos gladiateurs, nos dieux grecs, mais à l’échelle planétaire. Et il faut dire aussi qu’il n’y a pas tellement de documentaires dans le football, qui prennent le temps de raconter ces itinéraires personnels et intimes. On voulait se lancer dans cette voie peu empruntée.

N : Ce film  nous paraissait comme une évidence. Il fallait raconter cette aventure sportive et humaine exceptionnelle aux Antillais, mais aussi aux métropolitains. Parce que la liste des grands champions antillais du football français est exceptionnellement longue : Trésor, Janvion, Thuram, Henry, Abidal, Gallas et j’en passe. Si on met cette épopée en perspective par rapport à l’histoire des rapports entre les Antilles et la métropole, on se rend compte que c’est très important. Ces champions ont été des héros populaires célébrés des deux côtés de l’Atlantique. Ils ont contribué à changer le regard que les métropolitains ont sur les Antillais : sortir du doudouisme.

Pourquoi s’être arrêté au foot de la Guadeloupe et la martinique? La Guyane n’est-elle pas concernée?

J : La question de la Guyane dépasse le cadre antillais. C’est vrai que la ligue de Guyane est très liée avec les ligues martiniquaises et guadeloupéennes, et que leurs préoccupations et leurs ambitions sont similaires. Cependant, nous avons fait le choix de rester concentrés sur les deux îles sœurs pour ne pas trop s’éparpiller. En plus de cela, le nombre d’intervenants est déjà très élevé, ça aurait été compliqué d’en rajouter dans les 52 minutes que dure le film.

Source : Z’ANTIYE FOOTBALL CLUB

C’est un documentaire d’environ 60 minutes. Parlez nous du tournage ? Les contraintes ?

J : En fait le film fait 52 minutes, ce qui est court. Nous avons passé une semaine en Guadeloupe, autant en Martinique et avons quelques séquences en métropole, à Monaco et à Londres. C’était un tournage marathonien, nous avons été vraiment bien accueillis, beaucoup de personnes nous ont facilité les choses, se sont laissés filmer. Il y a eu une grande générosité. C’était très agréable. Un des enjeux c’était de parler autant d’une île que de l’autre, mais l’histoire est bien faite puisque Guadeloupe et Martinique ont chacune ses héros et ses heures de gloire. On n’a pas eu à se casser trop la tête du coup, le fil s’est déroulé tout seul.

Si tu devais sélectionner 3 protagonistes sans qui le reportage aurait manqué de sens, qui seraient-ils et pourquoi ?

La suite de l’entretien disponible sur le lien en bas

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